PARADOXOS COACHING – Diane Verhaeghe

Dessinez moi l’Entreprise de demain … et le lien avec le Coaching (cliquez ici)

Je rêve d’une Entreprise qui favorise la coopération, l’intelligence collective où l’énergie du Coeur sera valorisée.

Je rêve d’une Entreprise où la diversité sera accueillie sans jugement sans discrimination mais plutôt comme une contribution au monde de sa richesse.

Je rêve d’une Entreprise où une femme n’aura plus peur d’annoncer qu’elle porte la vie en elle. La vie que son manager va respecter voire honorer.

Je rêve d’une d’entreprise qui respectera la nature et intègrera le respect du vivant dans ses process. Chaque décision prendra en compte l’impact sur la nature.

Je rêve d’une Entreprise où le Burn-out ne sera pas vu comme une fragilité psychologique mais parfois comme un dysfonctionnement organisationnel ou comme une problématique de santé mentale à prendre en compte.

Je rêve d’une Entreprise ou l’autre est accueillie sans formatage.

Je rêve d’une Entreprise qui inscrit les Droits de l’Homme, les vertus dans sa charte et qui la fait vivre, respirer dans son écosystème.

Je rêve d’une Entreprise qui prônera la Liberté d’être soi dans les limites du respect d’autrui.

Je rêve d’une Entreprise où être en équipe permet d’être plus fort ensemble que seul en favorisant l’entraide en interne et au sein de son écosystème.

Je rêve d’une Entreprise où l’apprentissage permet réellement l’épanouissement de soi et le développement des compétences des collaborateurs.

Je rêve d’une Entreprise qui attache autant d’importance à l’évolution des individus que des systèmes.

Je rêve d’une Entreprise qui permet de sortir de la salle d’attente de la vie professionnelle des collaborateurs pour contribuer à soi, aux activités de l’entreprise tout en étant utile à la société.

 Je rêve d’une Entreprise qui valorise l’initiative, la prise de risque et la créativité pour voir de nouveaux horizons, s’adapter à de nouvelles réalités avec enthousiasme : concilier l’innovation, l’IA, les tendances disruptives et le bon sens paysan, le goût du travail bien fait.

 

Faire du business est compatible avec le respect du collaborateur et le respect du vivant.

 « Aimez-vous les uns des autres » est la finalité de l’homme et l’Entreprise de demain peut contribuer au monde de demain en le faisant vivre.

Est-ce illusoire ? Est-ce une utopie ?

Est-ce que l’entreprise en tant qu’entité ne se cherche pas aussi ?

Est-ce qu’il n’est pas le temps de réellement se transformer, appliquer une innovation disruptive de la culture de l’Entreprise vers un nouveau business model respectueux du vivant ? Changer de paradigme ?

Développer une reconnexion au vivant n’est-il pas l’enjeu de l’entreprise de demain ?

Respect de l’Humanité, de la dignité de l’homme et du monde du vivant.

« Va prendre des leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur ». Leonard de Vinci.

 

Le bonheur…ou le plaisir :

Pour commencer, je souhaite me référer à William Du bois (1869-1963), sociologue, poète et philosophe afro-américain qui a milité toute sa vie pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs Américains. En 1957, 6 ans avant sa mort, il a écrit « un dernier message au monde ». Philosophes (Edition Prisma).

Tout ce qu’il a fait de bien doit perdurer et ce qu’il n’a pas pu mener à bien puisse être accompli par d’autres                « Toujours, les êtres humains vivront et continueront à progresser vers une vie plus belle, plus épanouie et plus riche ». 

Nous aspirons à une vie pleine et heureuse. Pour l’obtenir, nous devons croire en la possibilité de progrès. Si nous perdons cette croyance, nous laissons la souffrance nous gagner. Pour pouvoir progresser, nous devons croire en la vie.

Nous pouvons rappeler une idée grecque de « l’eudaimonia » « l’épanouissement humain ».

Les collaborateurs recherchent le bonheur et l’épanouissement au travail. 

Comment l’Entreprise peut raisonnablement y contribuer ?

Plusieurs méthodes managériales ont été testées au sein des entreprises. Par exemple, « les fondamentaux de l’appréciative Inquiry » permettent de chercher au sein des équipes, des organisations, les réussites et les expériences positives de chacun dans l’entreprise. Le coaching professionnel est proposé aussi au sein des départements des ressources humaines aux collaborateurs pour développer les compétences inter personnelles et intra personnelles et pour retenir les talents.

De même, de manière plus holistique et systémique, la démarche du Lean Management grâce à une impulsion managériale met au centre des hommes et des femmes pour appréhender l’entreprise dans sa globalité et dans son écosystème. La finalité est de satisfaire au mieux le client en travaillant au plus juste et en s’améliorant sans cesse. L’objectif de cet à-propos n’est pas de revenir sur ces démarches pertinentes mais de voir le lien entre l’entreprise idéale et le coaching : avant de changer le monde, ne faudrait-il pas se changer soi ?

Selon Charles-Henri Besseyre des Horts, Professeur Emérite HEC Paris qui prend position sur la question du bonheur au travail, il souligne que c’est avant tout l’organisation du travail qui permet de contribuer à l‘épanouissement au travail.

Il faut plutôt porter l’accent sur les enjeux de l’autonomie et des libertés, fondement d’une organisation respectueuse des personnes en leur permettant de trouver un sens au travail. Article du N° de Novembre 2022 HR Square Netwerk.

Est-ce que mettre des baby foots au travail, recruter des « Chief Happiness Officers » sont des gages de bonheur en entreprise ?

Je pense au même titre que Charles-Henri Besseyre des Horts que la recherche du bonheur est bien trop complexe pour être à la charge de l’entreprise. C’est un objectif vain et illusoire. En revanche, l’Entreprise peut élaborer les conditions de travail pour s’y approcher.

J’aime beaucoup la conviction de Charles-Henri Besseyre des Horts à ce sujet, « l’autonomie est capitale et requiert de la confiance. Or faire confiance, c’est se rendre vulnérable. Ce qui est souvent mal perçu dans le management traditionnel ».

La période du COVID a libéré de nouvelles formes de travail avec plus de libertés notamment grâce au télétravail. 

Les managers doivent faire confiance et faire preuve à mon sens de plus d’ouverture d’esprit et faire preuve d’exemplarité.

La notion de leadership prend tous son sens à distance puisque les managers doivent incarner ses valeurs d’autonomie, de confiance de manière univoque.

La raison d’être de l’Entreprise doit être décrite mais c’est à la charge de chaque manager et collaborateur de trouver sa raison d’être et sa quête de sens par lui -même.

Le coaching sur la base d’un développement des ressources au travers de l’intelligence émotionnelle et le coaching existentiel trouvent une utilité et une valeur ajoutée pour dessiner cette Entreprise de demain.

 

Un exercice de coaching peut permettre au coaché de trouver sa place en clarifiant sa pensée, ses objectifs de vie. A chaque réponse, le coaché est invité à choisir un geste, une image en relation, une émotion avec sa réponse.

1. Ce que je veux être et que je suis déjà

2. Ce que je veux être et que je serai peut-être un jour

3. Ce que je veux être et que je ne serais jamais

4. Ce que je ne veux pas être et que je ne serai jamais

5. Ce que je ne veux pas être et que je serai sans doute un jour

6. Ce que je ne veux pas être et que je suis déjà un peu.

 

Nous pouvons aussi travailler avec le coaché les 3 niveaux logiques de sens (cours Executive Coaching HEC Promo 52 2022-2023) :

  • Manifestations de l’être : nos élans, ce qui nous rend vivant, nos qualités premières.
  • Contributions au monde : notre utilité, ce que nous choisissons de donner et d’apporter aux autres.
  • Territoire social : la place que nous choisissons pour nous exprimer et nous épanouir, notre domaine d’activité, contexte et état d’esprit général de notre environnement de travail.

 

Certains managers pensent qu’un léger inconfort et même un peu d’anxiété peuvent contribuer à l’efficience et à la productivité. Avec les jeunes générations, ce sera une fin de non-recevoir et le développement du « quiet quitting ».

 

Autre croyance limitante : les génies créatifs étaient malheureux comme Beethoven, Van Gogh. D’après Daniel Todd Gilbert, professeur de psychologie à Havard, ce n’est pas avéré. Ce n’est pas un échantillon représentatif. 

« De manière générale, les individus heureux sont les plus créatifs et plus productifs. Y a-t-il eu un être humain dont les souffrances ont constitué une source de créativité ? Bien sûr. Mais, cette personne est l’exception et non la règle. » 

 

De plus, une étude grâce à une appli pour I Phone, 15000 utilisateurs d’I Phone dans 83 pays ont rendu compte de leurs états émotionnels pendant 3 ans et le résultat est sans appel et fait le lien entre le vagabondage de la pensée et les états émotionnels des activités. « Il apparaît qu’un esprit concentré est un esprit heureux – La Bible de l’intelligence émotionnelle de la Collection Harvard Business Review. Le travail est une activité à améliorer dans l’échelle du bonheur. 

Un des axes de progrès à mon sens est de développer la pleine conscience ou la méditation pour ceux qui le souhaitent ou la faculté de vivre ici et maintenant.

Qu’est ce que le pouvoir de l’instant présent ?

« Ce n’est rien d’autre que le pouvoir de votre présence, de votre conscience libérée des formes-pensées. » le pouvoir du moment présent. Eckhart Tolle.

Il s’agit de se libérer du passé, du futur, d’accorder de l’attention au présent en s’éloignant du mental, de l’égo pour cultiver la présence et à terme plus de paix intérieure et d’épanouissement.

 

La Gestalt (approche psychothérapeutique humaniste créée dans les années 1950) est une manière d’identifier le client comme acteur du changement et la relation comme moteur du changement. Un des principes est l’observation du processus et de voir comment le coaché s’adapte à la vie et à son environnement sans chercher des explications dans son passé : ce qui apparait ici et maintenant, comment, vers quoi…

 

Selon le rapport Gallup de 2013, déjà 30 % des travailleurs américains sont engagés. Ces chiffres alarmants de l’époque montrent bien l’urgence de traiter ce sujet avec sérieux. Les collaborateurs ne sont pas impliqués au travail et cela ne date pas d’hier.

Être heureux au travail compte et permet une meilleure implication dans le poste et auprès de leurs collègues. 

Les gens heureux font de meilleurs travailleurs selon les études menées par des neuroscientifiques comme Richard Davidson.

 

Il faut 3 choses extraites de La Bible de l’intelligence émotionnelle de la Collection Harvard Business Review :

  • Une vision claire de l’avenir. Le coaching permet aux collaborateurs d’avoir une vision personnelle en lien avec la vision organisationnelle de l’entreprise. Cela favorise l’implication et nécessite de visualiser son avenir, de comprendre son rôle au sein de l’entreprise. Et cela commence avec le dirigeant et les managers.
  • La raison d’être. Les collaborateurs veulent une entreprise qui contribue au bien-être de son écosystème. Ils souhaitent alors lier leur contribution au monde avec celle de l’entreprise. Nous passons 7 à 8h par jour en moyenne au travail sur 5 jours. Ce temps doit être rentabilisé de manière juste. Le collaborateur veut réaliser quelque chose d’ important.
  • Les bonnes relations. Construire de belles relations de confiance, de proximité et favoriser un lien constructif et sain avec ses collègues influent sur l’état d’esprit, la joie et les émotions positives. 

 

Je reprends 2 citations chères à mon cœur pour illustrer mon propos ;

« La grandeur d’un métier est avant tout d’unir les hommes : il n’est qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines ». Antoine de Saint Exupéry.

« L’humain n’est pas dans l’homme mais dans ce que les hommes construisent entre eux » Paul Watzlawick.

Tout est dit.

L’Entreprise de demain devra concilier dans son environnement de travail le plaisir, le bonheur pour plus de performance.

 

Valeurs – Authenticité :

En première étape, je souhaite maintenant aborder un angle de vue indispensable pour dessiner l’entreprise de demain : le leadership authentique.

On quitte souvent l’entreprise à cause de son manager.

Or 2 éléments sont essentiels :

  • La compétence : le collaborateur, le manager est il compétent pour mener à bien sa mission
  • Le système de valeur : Quel est le système de valeur de l’entreprise, du manager ? Quel est mon système de valeur ? Est-ce qu’ils sont compatibles ? En cas d’écarts quels sont les risques ? 

Pour Aristote, l’épanouissement est le but de la vie humaine et consiste à mener « Une vie d’excellence » fondée sur la vertu et la raison. 

 

Le bon management est essentiel pour conserver l’engagement des collaborateurs et éviter la fuite des talents et attirer la bonne personne à la bonne place.

Par conséquent, le développement personnel et la connaissance de son système de valeurs est indispensable pour tout leader pour améliorer sa connaissance de soi et son intelligence émotionnelle.

Le coaching contribue à une meilleure connaissance de soi, de l’autre et c’est un gage de stabilité émotionnelle au sein de l’entreprise.

Découvrir son leadership authentique est dorénavant nécessaire tout en ne conservant pas une vision simpliste de l’authenticité. 

Nous possédons de nombreux « moi » face à différentes situations mais l’authenticité se situe à maintenir une cohérence stricte entre ce que l’on éprouve et ce que l’on dit avec des preuves à l’appui.

Faire des choix selon ses valeurs est aussi un gage d’authenticité mais il s’agit aussi de savoir relever les défis et de partager aussi si besoin sa vulnérabilité et ses choix cornéliens.

L’entreprise est un faisceau de paradoxes, l’identifier et le partager pour mesurer l’impact sur la manière d’être authentique et donc soi.

« Dan Mc Adams, professeur de psychologie à l’université de NorthWestern décrit l’identité comme l’histoire intériorisée et changeante qui résulte de l’appropriation sélective du passé, du présent et du futur par une personne. Mc Adams veut dire qu’il faut croire à votre histoire, mais aussi y intégrer la façon dont elle change au fil de temps en fonction de vos besoins. » – La Bible de l’intelligence émotionnelle de la Collection Harvard Business Review.

Il faut expérimenter de nouvelles histoires de nous-mêmes.

Par exemple,  « mon histoire de vie et mon chemin de développement jusqu’à aujourd’hui, références culturelles, préférences, convictions, » ne seront pas les mêmes dans 1 an par exemple.

Est-ce que cela veut dire que je n’étais pas authentique ? 

Le seul moyen d’évoluer en tant que leader authentique, en tant que coach est aussi d’élargir les limites de ce que nous sommes en accomplissant de nouvelles tâches, en sortant de sa zone de confort. Grâce à l’apprentissage de ces nouvelles expériences, nous nous approchons de ce que nous voulons devenir.

Cette première étape a permis de connaître notre moi authentique.

 

La deuxième étape consiste à appliquer ses valeurs et ses principes auprès de ces équipes.

Pour les stoïciens, il est essentiel pour identifier son propre système de valeurs d’identifier des modèles pour se dépasser, avoir une meilleure connaissance de soi et réaliser l’humain qui est en nous. Il s’agit de faire preuve de discernement et de bien choisir ses modèles.

Le coach aide son coaché à choisir des grandes figures qui incarnent certaines vertus. Ce modèle doit correspondre au coaché par rapport à son parcours de vie et sa personnalité.

Dans Coacher avec les stoïciens de Jordi Pia-Comella et Charles Senard, une grille est proposée avec la liste des vertus stoïciennes que le coach ou le leader authentique souhaite incarner (sagesse pratique, tempérance, justice, courage…) rattaché à un modèle stoïcien (Nelson Mandela, al Dali Lama, Martin Luther King, Greta Thunberg….). 

Nous pouvons aussi choisir des modèles de réussite sociale et matérielle.

Cette démarche permet d’identifier le système de valeurs, de l’incarner pour faire preuve ensuite d’exemplarité.

Les collaborateurs sont en attente de cette vérité et de cette authenticité mais avec des preuves tangibles et un alignement du leader au niveau du corps, de l’esprit et du cœur.

Une dissonance sera identifiée si le leader n’est pas vigilant dans son devoir d’exemplarité, sa mise à jour de son introspection et de sa position Méta pour s’améliorer en permanence.

C’est le socle de la confiance attendue pas les collaborateurs.

 

La troisième étape est d’assurer un équilibre entre les motivations intrinsèques et extrinsèques.

Une analyse de son épanouissement réel exempt d’une validation extérieure, une image sociale ou la pression externe doit être prise en compte.

Pour y parvenir, une leçon de vie qui m’est chère pour identifier ses motivations intrinsèques et de considérer un contexte philosophique immuable :

« Mon Dieu, donne-moi la force d’accepter ce que je ne peux pas changer, la volonté de changer ce que je peux changer, et la sagesse de savoir distinguer les deux » Marc Auréle – Sagesse stoïcienne.

 

Changement de paradigme ; la place du travail dans nos vies vers une Entreprise à multiples facettes comme les applications des téléphones :

« On ne change pas les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, il faut construire un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète » – Buckminster Fuller.

J’ai la conviction que l’entreprise de demain n’aura plus rien à voir avec ce que nous connaissons.

Il faut se rappeler que le mot « travail » trouve étymologiquement ses racines dans le mot latin « tripalium » qui désignait un instrument de torture à trois branches. Le travail dans l’inconscient collectif et individuel incarne la souffrance. La tradition judéo-chrétienne a renforcé cette perception.

Le livre de la Genèse nous présente le travail comme la condamnation de Dieu. En plus d’être une souffrance, ce serait une malédiction.

 

Les Millénials nés après 1980 sont la première génération à remettre en question cette façon de voir le travail d’où la recrudescence des maladies mentales liées au travail et l’explosion des risques psychosociaux.

Pour comprendre la mutation profonde du monde de travail, l’article de fond d’Emmanuelle Duez, fondatrice de Boson Project est très instructif.

Les digitales natives et les Millenials incarnent cette mutation du travail « cette onde de choc qui bouleverse l’entreprise ». Depuis, « pour les jeunesses, le travail n’est plus l’étoile polaire d’une vie », nous sommes face à un phénomène de transformation du travail qui n’est plus possible d’ignorer.

« Cette génération a contribué à changer en profondeur les règles du jeu »

Le « big quiet » couplé à l’urgence climatique, la guerre en Ukraine, remettent en question le statut quo de la place du travail depuis ces 10 dernières années. 

D’après cet article, la première cause de mortalité des moins de 25 ans dans plus de 100 pays est le suicide. L’horizon de leur vie accru depuis le COVID semble bouché avec les impacts environnementaux désastreux dans les années à venir (flux migratoires à cause du changement climatique, le déclin de la biodiversité, le réchauffement climatique, la consommation d’1,8 planète par an…).

 

L’Entreprise a une responsabilité vis-à-vis de la jeunesse et doit radicalement changer de business model. Le travail-effort-salaire n’a plus la côte.

Pourquoi nos enfants se refugient dans le virtuel, le portable, les plaisirs faciles, le métaverse ? A votre avis, à mon sens c’est un instinct de survie…. C’est peut-être aussi l’éloge de la fuite pour un monde plus ludique.

La notion de jeu est essentielle à comprendre. Il faut intégrer au sein de l’Entreprise un état d’esprit ludique.

Le temps de travail va diminuer. Est-ce que la semaine de 4 jours est l’avenir du travail ?

 

Dans tous les cas, j’imagine que l’entreprise va devoir concilier ces évolutions sociétales. 

Je pense qu’elle va fonctionner comme les tendances émergentes à savoir un mode de fonctionnement basé sur des plateformes.

Ces plateformes seront élaborées comme des applications de téléphone au service du collaborateur.

L’entreprise ne sera pas seulement un lieu pour travailler, mais aussi un lieu pour ses loisirs, s’amuser, faire ses courses, avec un service hôtelier si besoin, se soigner, participer et s’investir auprès d’associations….

Des starts ups ont commencé à proposer des magasins au sein des entreprises.

Au même titre que les clients, les entreprises devront proposer un nouveau parcours collaborateurs qui sera également un client.

Les frontières vont s’affranchir. Les domaines d’activités stratégiques des entreprises vont évoluer pour répondre aux attentes des salariés clients.

Le collaborateur viendra au travail mais pourra accomplir de multiples activités sur place : gain de temps, prix négociés, avantages et fidélité.

Le collaborateur est le nouveau client. L’expérience collaborateur sera à la recherche de plaisir, de joie, de jeu ludique et de satisfaction au travail.

Le sens étymologique du travail va évoluer pour répondre aux attentes de la société de demain au même titre que les activités disruptives à venir.

Au niveau du coaching, les frontières vont aussi s’affranchir entre le coaching individuel, performatif, de vie et existentiel…

 

Coexistence de plusieurs manières d’être au monde :

Nous allons tester dans l’entreprise d’autres manières de vivre le monde, d’être au monde. Au même titre qu’il existe un parcours personnalisé du parcours client, la diversité des manières d’être au monde est une tendance émergente avec des nouveaux modèles de vie.

Selon l’article sur la mutation profonde du monde de travail, d’Emmanuelle Duez, fondatrice de Boson Project, l’incertitude, le risque des fractures nous rappelle à « l’essentiel, affiché sur le fronton de la République Française, la fraternité ».

Les collaborateurs vont afficher leurs convictions, leurs systèmes de valeurs et vont s’engager de manière solidaire ensemble.

« Le goût des autres conditionne le goût de tout, de l’effort, de l’ouvrage, du dépassement, de l’engagement ».

Cette chaîne humaine ne se mobilisera uniquement que si l’entreprise propose un système de valeurs conforme aux attendus, aux preuves et aux vertus de la société des 30 prochaines années.

 

Une entreprise qui respecte la diversité au sens large.

La diversité, le handicap, la différence doivent être valorisés et mis en exergue dans sa richesse.

 

Le collaborateur face aux instabilités économiques, sociétales, sociales, a un besoin de transcendance. Frankl, fondateur de la logothérapie explique cette notion de transcendance. 

« Selon lui, l’être humain se distingue des autres êtres vivants par sa dimension noetique (spirituelle) qui lui confère notamment une double aptitude : l’auto-transcendance (l’aptitude de l’être humain à se dépasser, à être orienté vers au-delà de lui-même) et l’auto-distanciation (la qualité qui consiste à prendre du recul par rapport aux situations). » Coaching existentiel Omid Kohneh-Chahri.

Le coach peut proposer une démarche pour éclairer le coaché sur sa contribution au monde : voir le tableau 1 – Illustration de contributions au monde selon 7 archétypes.

Coaching existentiel Omid Kohneh-Chahri.

  • L’Empereur, L’impératrice (ou le Bâtisseur)
  • Le Père, La Mère (ou le Créateur)
  • Le Guerrier, la Guerrière
  • L’homme, La Femme
  • Le Moine, La Vierge ou l’Homme/la Femme engagée
  • Le/La Sage
  • Le Prêtre, La Prêtresse

Quel est ma contribution au monde ? Quel est le don que je fais aux autres ?

A quoi est-ce que je sers ? Quelle est mon utilité ?

Au service de quoi ?

La raison d’être est travaillée en entreprise dans le cadre de la stratégie mais il s’agit pour l’entreprise d’exprimer sa différence ; sa valeur ajoutée et comment elle contribue au monde. 

Il s’agit de sortir d’une logique business, actionnariale et financière pour peut-être aller vers l’intangible.

L’Entreprise devra faire preuve d’ouverture d’esprit et accueillir les différentes contributions au monde.

Elle va aussi afficher sa contribution au monde et attirer les talents qui s’y retrouvent.

Plusieurs tendances se dessinent :

  1. Des entreprises qui créent de la valeur et régénèrent la planète :

Plusieurs nouveaux modèles économiques émergent aujourd’hui au sein des entreprises pour contribuer à la préservation de la planète, au respect du vivant et de la biodiversité.

Ces transformations profondes impliquent des changements importants des modes de fonctionnement et des modes de gouvernance.

  1. Des entreprises qui créent de la valeur en étant plus solidaire :

Il s’agit d’apporter plus d’utilité, rendre service aux autres. 

Les entreprises se rendent utiles en apportant des soins et du bien-être à ceux qui le souhaitent. Elles favorisent la fraternité, créent des liens entres les gens, favorisent la diversité.

  1. Des entreprises spirituelles qui créent de la valeur en développant une connexion à plus grand que nous, à la nature, au monde du vivant en remettant l’humain au cœur du business.

 

Ce type d’entreprise nous oblige à penser à un temps long. 

Le leader spirituel ou taoïste est un homme ou une femme qui a compris que l’univers et la nature qui nous entourent, portent en eux les lois de l’harmonie, de l’équilibre juste, de l’évidence, d’une sorte de vacuité pleine. 

Les managers de ce type d’entreprise comprennent que la performance l’épanouissement est atteignable s’il parvient à comprendre les lois de la nature et à les appliquer à lui-même. 

 

A ce titre, « il est capable de se penser en tant qu’espèce, au milieu d’autres espèces, forgées dans les mêmes poussières d’étoiles, qui ont vécu sur la terre bien avant son apparition et dont somme toute il dépend ». 

« L’Homme est la convergence du monde de la terre et du monde du ciel au service de l’harmonie du soi, des autres et du monde ». Manuel Pratique du leader taoïste de Laurent Château.

La seule vigilance à avoir est de ne pas casser le lien entre les hommes qui pourraient avoir une tendance à vivre dans un système de castes auto centrées.

Il est nécessaire pour ne laisser personne au bord de la route de faire preuve de pédagogie pour donner les clés de compréhension de ce monde complexe, intégrer les transitions, les ruptures, les fractures tout en faisant preuve d’agilité ; de transformation permanent et d’innovations disruptives.

En conclusion, dessine-moi une Entreprise qui mettra en application les 6 éléments nécessaires à un contentement durable au même titre que les collaborateurs qui la composent :

  • « Positive emotion » : paix, gratitude, satisfaction, plaisir, inspiration, espoir, curiosité et amour sont dans cette catégorie. On retrouve la notion de plaisir, de bonheur au travail.
  • « Engagement » : avoir un projet d’entreprise impliquant et motivant avec l’intégration de nouveau modèle d’Entreprise, de mode de fonctionnement et de gouvernance : un nouveau business model inspirant.
  • « Relationship » : les personnes qui entretiennent les relations sérieuses et positives avec les autres sont plus heureuses que celles qui ne le font pas. L’importance du lien entre les collaborateurs et l’écosystème de l’entreprise va s’accroitre. La notion d’intégration de la diversité doit aussi apparaître au niveau des relations et de l’organisation. L’entreprise reflète la diversité humaine au sein de ses collaborateurs.
  • « Meaning » : servir une cause plus grande que soi-même crée le sens. Qu’il s’agisse d’une association ou d’une activité pouvant aider l’humanité d’une manière ou d’une autre apporte du sens dans nos vies. Les diverses contributions au monde interviennent dans cette partie.
  • « Accomplishment / Achievement » : pour éprouver une importante satisfaction dans nos vies, nous devons nous améliorer et progresser. L’entreprise a une finalité qu’il reste le business et l’amélioration continue de ses performances au service de ses clients et des collaborateurs.

Martin Seligman, inventeur du modèle Perma, à l’origine de nombreux projets de recherche de psychologie positive dans le monde.

Je rajouterai à la liste la notion de vertus : authenticité, respect avec l’application concrète des valeurs sur toute la chaîne de valeur de l’entreprise.

L’homme est un animal libre, responsable et coproducteur de sa destinée. 

Le coaching permet au coaché de changer, d’être libre de choisir et de façonner ses attitudes et ses comportements et d’être responsable de ses actes en apportant une solution à sa problématique donnée.

Le coaching est réellement une démarche qui trouve tout son sens dans l’Entreprise de demain pour révéler le potentiel de chacun.

Pour finir, un OUI à la VIE :

« Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir ». Paul Matisse.

Diane Verhaeghe

Bibliographie

La boîte à outils du coaching Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri

Coacher avec l’Appreciative Inquiery – Jan Pagés

Coaching Existentiel – Omid Kohneh – Chahri

Coacher avec les stoïciens – Jordi Pia Comella et Charles Senard

Quand la beauté nous sauve – Charles Pépin

La confiance en soi – Charles Pépin

Manuel pratique du leader Taoiste – Laurent Château

Vivre en harmonie avec le Tao – Francis Pring -Mill

Le pouvoir du moment présent – Eckhart Tolle

La bible de l’intelligence émotionnelle – Harvard Business School